Votre situation est typique d'une sortie d'indivision un peu tendue, et vous avez raison d'être vigilant, car une licitation mal rédigée peut avoir des conséquences importantes.
D'abord, sur le principe général, une licitation amiable doit respecter l'équilibre entre les parties et tenir compte des comptes d'indivision. Le notaire n'est pas "le notaire des autres", il doit être neutre, même s'il a été initialement saisi par vos coindivisaires.
Sur les dettes d'indivision, le cadre juridique repose sur le indivision, notamment les règles des articles 815 et suivants du Code civil.
En pratique, on distingue clairement ce qui est récupérable et ce qui ne l'est pas.
Les charges liées à la conservation du bien sont en principe prises en compte. Cela inclut les impôts fonciers, l'assurance, les dépenses nécessaires d'entretien et de réparation. Ces sommes doivent être intégrées dans les comptes entre indivisaires et peuvent être déduites lors de la licitation.
En revanche, certaines dépenses sont plus discutables. Les consommations comme l'eau, l'électricité ou le fioul peuvent être prises en compte si elles ont servi à la conservation du bien, mais pas si elles relèvent d'un usage personnel. Les petits achats, produits d'entretien ou matériel courant sont rarement remboursés, sauf justification précise.
Les heures de travail personnel, jardinage, entretien ou gestion administrative ne donnent en principe pas lieu à rémunération, sauf accord entre indivisaires ou circonstances très particulières. De même, les frais de déplacement ou de gestion (téléphone, courrier) sont très rarement admis.
Sur la question essentielle des dettes non prises en compte dans le projet, vous êtes fondé à demander un état précis des comptes d'indivision. Le notaire doit établir un décompte complet avant la signature. À défaut, vous pouvez refuser de signer tant que les comptes ne sont pas clarifiés.
Concernant la clause de jouissance rétroactive au jour du décès, votre inquiétude est justifiée. Ce type de clause peut avoir des conséquences importantes, notamment sur la répartition des charges passées. Elle doit être maniée avec prudence, car elle peut effectivement ouvrir la voie à des demandes de remboursement de la part de vos coindivisaires. Ce point mérite clairement d'être revu ou encadré.
Sur la taxe foncière, votre analyse est correcte en pratique. Même si elle est due au 1er janvier, le paiement réel intervient plus tard. En matière de vente ou de licitation, il est d'usage de prévoir une répartition prorata temporis entre les parties. La clause actuelle semble déséquilibrée si elle vous fait supporter l'intégralité sans compensation. Vous pouvez demander sa modification sur la base de cet usage constant en matière de vente immobilière.
Concernant les clés, vous avez raison, cela relève de l'obligation de délivrance. Il est tout à fait possible et recommandé d'ajouter une clause précisant la remise de l'ensemble des jeux de clés au jour de la signature. Il suffit de demander au notaire d'intégrer une clause de remise des lieux libre de toute occupation avec remise des clés.
Sur la stratégie, vous n'êtes pas tenu d'accepter le projet en l'état. Vous pouvez formuler des observations écrites et demander des modifications. En cas de désaccord persistant, la licitation amiable peut échouer, et il faudra alors passer par une licitation judiciaire.
En résumé, plusieurs points de votre projet méritent clairement d'être corrigés, notamment les comptes d'indivision, la clause de jouissance rétroactive et la répartition des taxes. Vous êtes dans votre droit de demander un rééquilibrage avant toute signature.
Je vous remercie de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien cordialement.
il y a 3 jours
En vous remerciant pour vos explications Maître,
Le problème, c'est que la signature d'une licitation après un droit de préemption doit obligatoirement se faire dans le délai imparti de 2 mois à partir de la date de signification du droit de préemption aux autres indivisaires, et que là il ne reste que jusqu'au 16 Mai!
Effectivement le notaire de mes co indivaires n'est pas neutre car c'est un ami à eux...
Et le mien traîne des pieds...je ne sais pas pourquoi..., mais ça avait l'air de somptueusement l'ennuyer que je remette en cause certaines clauses citées et que je souligne la question des clefs...
J'avoue ne pas comprendre son attitude... l'année d'avant j'avais proposé à mes co-indivisaires le rachat de leurs parts et mon notaire était très volontaire...mes co-indivisaires avaient refusées car elle pensaient échapper à leurs dettes...
D'où la situation d'aujourd'hui...
Et pourtant mon notaire n'a rien de plus à perdre ou à gagner...j'avoue que ça me laisse dubitative.
il y a 23 heures
Bonjour Gabyl,
Votre inquiétude est compréhensible, mais il faut corriger un point important dès le départ. Le délai de deux mois lié à l'exercice du droit de préemption n'a pas pour effet de vous obliger à signer un acte déséquilibré ou incomplet. Ce délai vise à encadrer votre droit d'acquérir, pas à vous contraindre à accepter n'importe quelles conditions.
En pratique, si l'acte n'est pas prêt ou s'il est contesté de manière sérieuse, le processus peut être prolongé ou basculer vers une autre solution. Vous ne perdez pas automatiquement votre droit si vous refusez de signer un projet juridiquement contestable.
Concernant l'attitude des notaires, il faut être clair. Le notaire de vos coindivisaires peut être plus proche d'eux, mais juridiquement il reste tenu à une obligation de neutralité. Votre propre notaire, en revanche, doit défendre vos intérêts. S'il ne le fait pas activement, cela ne signifie pas que vous êtes bloqué. Vous pouvez formaliser vos demandes par écrit et exiger qu'elles soient prises en compte.
Dans votre situation, la bonne démarche est de formaliser immédiatement vos observations. Vous devez adresser au notaire un courrier ou un mail listant précisément les points litigieux. Vous mentionnez l'absence de compte d'indivision détaillé, le déséquilibre de la clause de taxe foncière, les risques liés à la jouissance rétroactive et l'absence de clause de remise des clés. Vous demandez expressément une version corrigée de l'acte.
Tant que ces éléments ne sont pas clarifiés, vous êtes en droit de ne pas signer. Une signature vous engagerait définitivement, alors qu'un refus motivé vous protège.
Si le délai devient critique, deux issues sont possibles. Soit les notaires acceptent de corriger rapidement l'acte et la signature peut intervenir dans de bonnes conditions. Soit le désaccord persiste et la licitation amiable échoue, ce qui ouvre la voie à une procédure judiciaire où un juge tranchera, avec un encadrement plus strict des comptes.
En réponse directe, vous n'êtes pas obligé de signer dans un délai de deux mois un acte déséquilibré. Vous devez formaliser vos contestations immédiatement et refuser toute signature tant que les clauses ne sont pas rectifiées.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue. Bien Cordialement.
il y a 23 heures
Merci de vos conseils maître, vous avez parfaitement raison.
Cependant, l'intérêt à ce que cette licitation passe par le biais de la justice est tranchée, d'impôts au final ne sera pas le même 2,5% pour la licitation amiable 7,5% si c'est la justice qui tranche...et si c'est un échec je risque aussi la perte de la maison de mes parents...
Quant aux comptes de l'indivision c'est moi qui les ai produits car j'ai été depuis le début la seule à m'occuper de cette maison, j'ai payé toutes les factures, de même que j'ai effectué tous les entretiens de façon à ce qu'elle ne perde pas en valeur et que le jardin n'ait jamais l'air abandonné
Seul l'un des indivisaires a accepté de payé les factures au proratas de ses parts, tous le reste a été à ma charge...
Personne n'a habité cette maison les dépenses d'eau et d'électricité n'ont comptées que pour son entretien, j'ai pris à ma charge normalement tout ce qui était gaz pour la cuisine et je ne me suis jamais servie de l'éclairage car j'ai pu m'équiper en éclairage solaire pour ma consommation personnelle quand j'y étais...
Par contre j'ai fait 6 x l'an Paris/ Josselin pour effectuer les entretiens avec à chaque saison un gros travail de jardin qui se compte en centaines d'heures,
Bref au frais de la princesse
Heureusement alors que j'avais payé les impôts fonciers la première année, ils se sont ravisés tous seuls et ont adressé la dernière facture à l'indivisaire qui ne payait rien...il a donc été contraint de payer l'ensemble, charge aux autres de le rembourser, mais pour ma part je n'en ai rien fait car son ardoise à mon égard dépassait la part d'impôts qui me revenait, j'ai ainsi pu me rembourser un peu, mais il reste un relicat non négligeable, que mon notaire me pousse à abandonner... même chose pour les clauses soulevées, c'est bien pour ça qu'il me laisse bien dubitative à son égard et que ma confiance tend à s'envoler...
il y a 19 heures
Si mes réponses vous ont aidé je vous remercie grandement par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue .
Très Cordialement.
Bien à vous.
il y a 19 heures
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